onestla.tech/

Ce texte est une contribution de signataires de l'appel, mais ne reflète pas forcément la vision de l'ensemble des signataires du texte initial.

La lutte, une histoire de pression

Quelques jours après la publication de l'appel lancé par OnEstLa.tech, certains signataires ont été invités, par leurs dirigeants, à retirer leurs noms. Après d'âpres négociations, seul le nom de leur entreprise a été retiré, mais les premiers signes d'intimidation étaient déjà posés.

Durant la période des fêtes, le gouvernement et les médias se sont déchaînés sur les grévistes qui continuaient le mouvement, privant des enfants de rejoindre leur famille pour Noël. Les calculs politiques et la communication diffamante ont offert, à certains d'entre nous, des discussions très houleuses au pied du sapin.

Il y a quelques jours, l'assemblée des personnels d'OpenEdition, après avoir voté la solidarité au mouvement de contestation, s'est vu opposer une fin de non recevoir de sa direction, leur interdisant de manifester leur soutien par l'ajout d'une pop-in sur l'ensemble des sites du groupe.

Ce weekend encore, un collègue me disait : “tu te rends compte de l'impact économique de tous vos jours de grève ? Et la réputation que ça nous donne ?". Quand on y pense, il a raison ! Chaque jour de grève a un impact pour le gréviste mais aussi pour son entreprise, pour les clients qui souffrent du manque de production, de service. Au travail, en famille, dans les médias, cette pression retombe inévitablement sur les personnes ayant décidé d'entrer en lutte, de s'opposer à un énième coup de bouttoir visant à anéantir le peu de protection sociale que nos ancêtres ont acquis. Ces grévistes, ces personnes sont présentées par de nombreux médias comme les méchants de l'histoire, ceux qui séparent les familles, qui font fermer des commerces, qui cassent des vitrines, qui provoquent les forces de l'ordre.

Est-ce justifié ? Ces personnes ont-elles demandé cette réforme sur le régime des retraites ? L'avez-vous demandé ? Non ! Seul le gouvernement l'a imposé, à l'approche de Noël pour mettre la pression sur les opposants et alors même que le projet n'est pas du tout prêt à être proposé au parlement (selon le conseil d'état). Ce projet est tellement vide que le gouvernement est incapable de proposer un simulateur en l'état et nous promet de nous expliquer à quelle sauce nous serons mangés, une fois que le projet de loi sera adopté.

Amis en grève, restons mobilisés, de nombreux signes nous montrent que nous sommes sur la bonne voie. De plus en plus de secteurs rejoignent le mouvement, la réforme touchant tous les secteurs d'activité et toutes les classes sociales. Le taux d'opposition à cette réforme n'a jamais failli et la lutte représente la parole de 61% des français à ce jour. Aujourd'hui, même le conseil d'état dénonce le passage en force du gouvernement. Les tentatives de division, la désinformation, le chantage, aucune de ces manoeuvres n'infléchit la chute de popularité du gouvernement et de sa réforme mortifère. Alors, malgré les mensonges, les violences et les pressions, continuons… Après tout, la pression, c'est ce qui transforme le charbon en diamant.

A ceux qui comprennent le mouvement mais ne peuvent y participer, il y a bien d’autres manières de soutenir la lutte, la première est sans doute de rejeter en bloc les tentatives de manipulation du gouvernement. Merci de nous soutenir, chacun de vos messages, de vos dons, de vos actes donne de la force aux personnes en grève.

Pour vous qui avez du mal à comprendre ce mouvement et qui ne souhaitez pas prendre parti, gardez en tête que des femmes et des hommes se battent aujourd'hui pour défendre votre futur et celui de vos proches. Ces personnes se mettent en danger financièrement mais aussi physiquement, ils affrontent leurs propres peurs pour leur sort mais aussi pour le vôtre. Aujourd'hui le gouvernement s'attaque aux retraites, mais il fait tout pour privatiser la santé, l'éducation, la sécurité… Chacune des protections sociales que le monde nous envie est la cible de leur avidité, de leurs attaques et vous serez forcément impactés par ces changements. À défaut de rejoindre le mouvement de grève, n'oubliez jamais qui est à l'origine de tout ça et vers qui devrait se diriger votre colère.